Que vérifier dans votre registre et vos mandats avant un contrôle en boutique ?
Un contrôle en boutique ne commence pas par vos portants, il commence par vos papiers.
Accueil / Carnet des portants / Comment se déroule un dépôt de vingt pièces, du comptoir au règlement de la déposante ?
cas d usage
Un mardi de septembre, une cliente pose sur le comptoir un sac de vingt pièces sorties de son dressing. Trois mois plus tard, elle repart avec un virement, quatre pièces restituées et l’envie de revenir. Entre les deux, il s’est passé une trentaine de gestes précis. Les voici, dans l’ordre.
Publié le Mis à jour le Lecture 11 minutes Par Jimenez Julien
Un dépôt de vingt pièces bien tenu se déroule en six étapes, et la première commence avant que la cliente n’entre dans la boutique.
Entre le sac posé sur le comptoir et le virement, il se passe environ trois mois et une trentaine de gestes. Voici lesquels, dans l’ordre, sur un dépôt réel de vingt pièces arrivé un mardi de septembre.
Le dépôt n’a pas eu lieu un samedi après midi, entre deux essayages et une file d’attente. Il a été calé un mardi à dix heures, sur un créneau réservé aux dépôts, quand la boutique est calme et que la gérante peut ouvrir un sac sans lever la tête toutes les trente secondes.
Ce simple créneau change tout. Une déposante reçue dans le bruit se sent expédiée, et un tri fait dans le bruit produit des acceptations que l’on regrette la semaine suivante.
Huit jours plus tôt, elle a reçu les conditions : pièces propres et repassées, sur cintres, saison en cours, marques et matières acceptées, nombre maximal de pièces par passage, et la mention claire que tout ne sera pas retenu.
Elle est donc arrivée avec vingt pièces déjà triées par ses soins, pas avec quarante. La moitié du travail de refus s’est faite chez elle, sans un mot désagréable, parce que le cadre était posé avant l’ouverture du sac.
C’est le point que les boutiques sous estiment le plus. La méthode complète de tri d’un sac de dépôt et de refus des pièces invendables commence toujours par ce cadrage préalable.
Les vingt pièces sont sorties une par une et posées à plat. Chacune est retournée, ouverte aux emmanchures, tenue à la lumière de la vitrine. Le geste dure quelques secondes, il se voit, et il rassure.
Six pièces sont écartées, chacune avec un motif dit à voix haute et sans détour : une auréole sous les bras sur un chemisier clair, une maille filée sur le devant d’un pull fin, une doublure décousue sur une veste, un col déformé, une coupe trop datée pour la clientèle du quartier, et une robe dont l’étiquette de composition a disparu.
Le motif énoncé fait la différence entre un refus et un jugement. On ne dit pas que la pièce n’est pas belle, on dit ce que l’acheteuse verra dans la cabine.
Une septième pièce, une petite veste en jean parfaitement portable, part elle aussi dans le sac de refus. Le portant des vestes légères est plein jusqu’à la fin du mois, la catégorie est fermée, et une pièce de plus n’y ferait que ralentir la rotation de stock.
La phrase est simple à tenir : la pièce est bonne, le portant ne l’est pas, revenez avec elle en octobre. La déposante l’entend beaucoup mieux qu’un refus déguisé en critique.
Les six pièces écartées ne repartent pas sous son bras. Un sac de relais vers une association attend au bout du comptoir, elle y glisse quatre pièces et reprend les deux autres. Ce geste évite le sentiment d’avoir perdu sa matinée.
Le mandat se remplit au comptoir, devant elle, pas plus tard dans l’arrière boutique. Il porte son identité complète, la date, et la liste numérotée des quatorze pièces retenues avec pour chacune une description qui permet de la reconnaître : nature, marque, couleur, matière, taille française, défaut visible s’il y en a un.
En face de chaque ligne figurent le prix de mise en vente et le taux de commission appliqué. Les prix se discutent à ce moment là, une fois pour toutes, pièce par pièce.
Le mandat porte ensuite les trois dates qui règlent la suite : la première démarque, la seconde démarque, la fin de dépôt. Elles sont lues à voix haute et cochées.
Une case tranche le sort des invendus : restitution sur rendez vous, don à l’association partenaire, ou prolongation d’un mois. La déposante coche la restitution pour les pièces d’hiver et le don pour le reste. Cette case évitera un mois de relances en décembre.
Chaque pièce est enfin photographiée à plat, dans l’ordre du mandat. Cette photo documente l’état à l’entrée. C’est elle qui répond, trois mois plus tard, à la phrase que toute gérante a déjà entendue sur une tache qui n’y était pas.
Chaque pièce reçoit un cintre adapté à sa forme, une pastille de saison et une étiquette de cintre qui porte le numéro de dépôt, la taille française, la composition et le prix. Une ligne de plus quand la pièce a un défaut assumé : ourlet repris, léger bouloché au coude, fermeture à glissière remplacée.
Cette mention n’effraie personne, elle vend : l’acheteuse retrouve dans la cabine exactement ce qu’elle a lu sur l’étiquette.
À la sixième semaine, la première démarque s’applique aux pièces encore en rayon. Aucun appel n’est passé, aucun accord n’est demandé, aucune justification n’est fournie : la date était au mandat, signée.
Neuf pièces sont parties avant cette échéance, cinq restent. Le portant est repris, les cintres réalignés, les étiquettes changées, et la démarque est enregistrée avec sa date, ce qui laissera une trace du prix effectif de chaque vente.
Ce calendrier écrit a une autre vertu, moins visible : il empêche une pièce de vieillir sur un portant pendant six mois. Le coût réel d’une pièce qui dort sur votre portant se chiffre en centimètres de tringle, en temps de manipulation et en clientes qui ne voient plus rien de neuf.
Fin novembre, la déposante téléphone. Elle a vu sa jupe en lainage en vitrine trois semaines plus tôt, elle la croyait vendue au prix affiché en septembre, et le montant annoncé ne correspond pas.
La gérante ouvre la fiche de la déposante et lit trois choses dans l’ordre : le prix de mise en vente signé au mandat, la date et le montant de la seconde démarque, la date de vente effective. La jupe est partie après la seconde démarque, à un prix qui figure noir sur la ligne, calendrier à l’appui.
La conversation dure trois minutes et se termine bien. Pas parce que la gérante a convaincu, mais parce qu’elle n’a rien eu à défendre : elle a lu ce que la déposante avait signé.
Retirez le calendrier du mandat et la même conversation dure vingt minutes, se termine mal et coûte une déposante qui parle dans son quartier.
La leçon est générale : ce n’est jamais la démarque qui crée le litige, c’est l’absence de trace du calendrier accepté au départ. Une démarque annoncée est une méthode de vente, une démarque découverte au règlement est une mauvaise surprise.
Deux mentions suffisent à fermer ce risque : les dates de démarque avec leur ampleur, et la mention que le règlement porte sur le prix de vente effectif, pas sur le prix de mise en vente initial.
Quinze jours avant la fin de dépôt, un message rappelle l’échéance et propose deux créneaux de restitution. La déposante vient un jeudi matin. Dix pièces ont été vendues, quatre lui sont rendues, deux partent au don selon la case cochée en septembre.
La restitution se signe. Une décharge datée, la liste des quatre pièces reprises, sa signature : la sortie de ces pièces est tracée, exactement comme leur entrée l’avait été. Pour les deux pièces données, un bordereau de l’association tient le même rôle.
Le règlement part le jour même, accompagné d’un récapitulatif d’une page. Il ne contient rien d’autre que ce qui a été signé, mais il le contient entièrement.
| Ligne du récapitulatif | Ce qu’elle porte | Ce qu’elle évite |
|---|---|---|
| Pièces vendues | Numéro, description, date de vente | Le doute sur ce qui est parti et quand |
| Prix effectif | Le montant réellement encaissé, démarque comprise | La comparaison avec le prix de septembre |
| Commission | Le taux signé et son montant par pièce | La renégociation au moment de payer |
| Net dû | Le total revenant à la déposante | Le calcul refait à la main sur un coin de comptoir |
| Sorties sans vente | Pièces restituées et pièces données | La pièce que l’on croit encore en rayon |
| Date et mode de versement | Virement, avoir ou espèces, avec la date | La relance quinze jours plus tard |
Ce récapitulatif est la meilleure pièce de votre dossier le jour d’une vérification, au même titre que le registre. La liste des points à vérifier dans votre registre et vos mandats reprend d’ailleurs ces sorties tracées comme premier réflexe de contrôle.
La déposante repart avec sa page, ses quatre pièces et une idée précise de ce qui se vend chez vous. Elle prend un rendez vous pour janvier. C’est là que se joue la valeur d’un dépôt bien tenu : le deuxième dépôt arrive tout seul.
Trente gestes en trois mois, c’est beaucoup à tenir de tête pour vingt pièces, et vous en recevez plusieurs par semaine. La fiche déposante, le mandat, les dates de démarque et le calcul du net dû se tiennent seuls dans l’outil de suivi des dépôts et des règlements Revestia. Pour voir ce déroulé appliqué à vos propres portants, prenez rendez vous pour une démonstration commentée sur la page de contact de Revestia.
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Dites-nous combien de déposantes vous suivez et ce qui vous prend le plus de temps : nous vous montrons le logiciel sur votre propre situation, jamais sur une boutique fictive.
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Jimenez Julien
Auteur et éditeur de RevestiaIl a passé des matinées entières derrière les comptoirs de dépôt vente féminin, à regarder des gérantes trier des sacs, refuser une veste sans vexer une fidèle et retrouver une commission dans trois carnets à souches. Il ne tient pas de boutique : son travail est de mettre par écrit ce qui se décide en trente secondes au comptoir, du mandat signé au règlement de la déposante.
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